La citadelle de Verdun : le bastion de la Reine

Au cours des travaux de 1624, les bastions primitifs, construits avec le vide central servant de chambre à canons, furent aménagés par l'installation de galeries de fusillade en contrebas des embrasures destinées aux pièces. Les siècles, les sièges et les réparations ayant passé là, seules les embrasures pour fusils ou canons encore discernables de l'extérieur, qu'elles soient obturées ou non, témoignent des dispositions initiales.
Cependant, un remarquable exemple des aménagements initiaux subsiste de nos jours dans le bastion de la Reine, dont le flanc nord protège la courtine le joignant au bastion du Roi.
Accès au bastion de la Reine.
En 1818, la France ayant repris ses limites territoriales de 1789 après l'arrêt de l'expansion napoléonienne, Verdun redevint proche des frontières et fit l'objet de mesures de mise à niveau des fortifications.
Quelques-uns des bastions dont Vauban avait précédemment comblé le vide central, transformant ainsi les bastions vides en bastions pleins, furent à nouveau ouverts, permettant à des canons placés à mi-hauteur de l'escarpe dans ce bastion de la Reine de flanquer la courtine est de la citadelle.
Mais l'artillerie ayant évolué entre-temps, on couvrit à l'épreuve le vide central en le séparant en trois travées aérées d'une part par des puits, d'autre part par trois baies communiquant avec une cour postérieure, elle-même à l'air libre. Si l'artillerie avait fait des progrès, la poudre, elle, dégageait toujours autant de fumée. Le couloir latéral descendant accédant, après retour d'équerre, à la galerie de fusillade inférieure, parallèle aux trois embrasures de canon, fut aéré de la même façon par une quatrième baie.
Enfin, on installa une petite manutention de siège dans la travée est.
Embrasure à redans.

Une des baies d'aération donnant après les modifications de 1815 dans une cour intérieure.
Après 1870, cette cour fut elle-même comblée, ainsi que les embrasures des armes à feu. Et, au début de la Grande Guerre, le magasin nouvellement construit un tiers de siècle avant entre les deux bastions du Roi et de la Reine reçut ses propres défenses flanquantes sous la forme de deux petites caponnières.
Le climat de Verdun n'ayant rien de méridional, cette cheminée permettait aux troupes de ne pas se congeler. Ses piédroits ainsi que les parois situées en vis-à-vis sont constellés de graffiti de la première moitié du XIXe siècle.

La plus complexe des trois salles du bastion de la Reine est située à l'est. Si, comme les autres embrasures de canon, la sienne est obturée, en revanche la manutention de siège, c'est-à-dire la boulangerie de temps de guerre, y est installée et demeurera, sinon en fonction, du moins figurée sur les plans jusqu'à la mise en place de nouveaux fours à pain dans les magasins nord de surface, construits après 1874, puis dans les galeries profondes, que peuvent aujourd'hui voir les visiteurs de la partie touristique.
Sur la droite, en dessous du puits, débouche le couloir accédant à la galerie de fusillade.



Manutention de siège du bastion de la Reine.

Poste de tir réaménagé pour mitrailleuse.

Ci-dessus, la galerie de fusillade du bastion de la Reine. Comportant initialement 6 créneaux, ceux-ci furent tous bouchés jusqu'à 1916, où l'on aménagea le créneau oriental pour lui installer une mitrailleuse (photo ci-contre).
On voit parfaitement le renforcement du toit par poutrelles métalliques, le support en béton de la mitrailleuse et la réduction du créneau de tir (comparer avec la surface d'un créneau original sur la photo précédente) suivie de son renforcement en béton.


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