La centrale de Gennevilliers (suite)


Les chaudières Babcock & Wilcox à charbon, alimentées par de l'eau à 225 °C, produisaient 240 tonnes à l'heure de vapeur surchauffée à 525 °C, à plus de 90 kg par cm2. Le combustible, trié, criblé et concassé, était finalement pesé puis réduit en poudre par des broyeurs à boulets et injecté sous forme d'une poussière impalpable dans la chambre de combustion.

Dans le deuxième tiers du siècle, on se débarrassa de toutes les installations charbonnières, parcs, convoyeurs, broyeurs et autres cribles pour chauffer au fuel. Parallèlement, le rôle de la centrale se réduisant à un appoint ponctuel aux centrales nucléaires, les installations les plus anciennes, dont les chaudières primitives qui n'alimentaient plus rien, furent démontées.
Ci-dessus, après démontage des chaudières Ladd-Belleville, le bâtiment qui les contenait montre sa structure métallique en poutrelles rivetées.

Les bâtiments des chaudières étaient évidemment hérissés de cheminées en tôle. Dans les années 60 et 70 on voyait encore les trois grosses cheminées des chaudières à haute pression. Après qu'elles furent arasées, il restait au dernier étage les épurateurs de fumées (ci-dessous).

  


Ci-dessus, un des pupitres de commande. Toute la partie contrôle a été profondément modifiée depuis le début des années 50, suivant la progression des automatismes et l'utilisation croissante de l'informatique. Parallèlement, chaque organe de la centrale était contrôlé, les flux mesurés, les quantités analysées : température et pression de la vapeur à chaque étage, de l'injection dans les aubages jusqu'au condenseur, vitesse de rotation du groupe, ouverture des vannes de soutirage, température et composition des fumées, dilatation des arbres, réglage des générateurs d'excitation, température des pièces en mouvement, pressions d'huile et d'hydrogène, titre hydrotimétrique de l'eau, consommation de fuel, etc., d'où la présence au fur et à mesure des années d'innombrables armoires tapissant les salles de contrôle.


Ci-contre, les deux extrémités du groupe de la deuxième tranche, implanté au milieu de la nef. De haut en bas, côté alternateur et côté turbine. A force de démanteler les usines et centrales, il finira par ne rester aucun témoignage de ce qu'était une centrale thermique dans la seconde moitié du XXe siècle.