La butte de l'Hautil


Port Maron - exploitation

Loin des habitudes presque archaïques de ses voisines, Port Maron sut se moderniser aux points de vue tant du matériel que des méthodes. Comme dit supra,, la société mit au point la méthode de foudroyage dirigé appliquée à la géologie francilienne du gypse, introduisit l'usage des chargeurs automoteurs, l'emploi des explosifs autres que la poudre noire, et jusqu'au type exact des grosses berlines minières. Bref, adapta exactement les procédés des mines de fer lorraines.

Jusqu'au début des années 50, les wagonnets étaient des caisses de bois de 500 litres sur châssis de poutres, renforcées par des cornières métalliques. Puis, la production s'accroissant, ils furent remplacés par des berlines métalliques de 5 mètres cubes traînées dans le roulage par des locotracteurs Diesel et vidées par des culbuteurs.

Wagonnet de 500 litres.
Berline de 5000 litres.
Racleur d'estacade.

On utilisa, avant les gros chargeurs automoteurs, ce genre de racleur courant dans les mines de fer : après abatage à l'explosif du front de taille (d'abord tirs à l'oxygène liquide, élaboré sur place, puis ultérieurement à l'inévitable nitrate-fuel), on amenait ce racleur qui, mû par des chaînes commandées par le chargeur qui passaient dans des renvois ancrés dans les parois, ramenait les produits vers les pelles à mouvement circulaire (comme des pinces de crabe). Celles-ci chargeaient au fur et à mesure les wagonnets adjacents.

Tunnel intérieur maçonné et tuyau d'exhaure.

Pendant près de cinquante ans, les produits étaient séparés et transportés différemment : le gypse dur, en petite quantité, chargé dans des rames dédiées, sortait par la galerie inférieure, dite du petit treuil, d'où il rejoignait la voie principale. Le gypse tendre, bien plus abondant, passait par le roulage supérieur terminé par un culbuteur vidant les berlines dans des trémies qui dans un premier temps chargeaient les véhicules faisant l'aller et retour entre le cavage et les ateliers au bord de la Seine, puis ultérieurement se déversaient directement sur le tapis roulant.
Après plusieurs essais de perfectionnement du petit treuil, qui se singularisèrent par la phénoménale quantité de lubrifiants nécessitée par le dispositif à tel point qu'elle mettait sa rentabilité en question, la galerie afférente fut abandonnée vers le milieu du siècle. Subsiste près de l'entrée la profonde fosse (ci-dessous) contenant les poulies. Toute la production passa désormais par le roulage supérieur, celui de l'entrée des Hautmonts. Les parois s'imprégnèrent alors pendant des décennies des fumées des locotracteurs Diesel qui traînaient les rames.

Chargeur amphidrome.
Basculeur à berlines.
Plâtrière au bord de la Seine.



Au début des années 20, les ateliers de Port Maron construisirent ce locotracteur électrique, peut-être sur une base Siemens, qu'on voit ici équiper un cavage qui pourrait être la voûte de Pissefontaine, rachetée en 1935.

Locotracteur électrique des années 20.
A signaler fin 2009 : récemment créé, Triel Mémoire et Histoire.

 

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