La butte de l'Hautil

La carrière Sebillotte


Bien que de très anciens travaux ne soient pas inadmissibles, les premiers témoignages de l'ouverture d'une carrière de gypse à Evecquemont, tout à l'ouest de la butte, sont datés de 1838, sur une demande de Michel Modérat d'Otemar. Celui-ci la céda à Isidore Hamot qui lui-même la vendit en 1861 à Jean-Marie Sebillotte qui la transmit à son fils Eugène en 1883.
Arrêtée avant 1940, ses vides ne servirent plus qu'à la culture des champignons, dont le dernier exploitant, M. Carrara, a laissé quelques traces dans les galeries jusqu'à l'arrêt définitif dans les années soixante-dix. Moins connue que ses voisines, la carrière Sebillotte recèle tout de même quelques curiosités. La lentille gypseuse de la butte témoin atteignant ici ses confins, la puissance est inférieure à celle du milieu de la butte. De plus, fracturation, érosion et percolation ont amené la masse à des caractéristiques telles que la stabilité des vides n'est pas optimale.
Vers le cimetière de la commune, lieu qui fit l'objet de nombreux rapports et injonctions de remblayage par les garde-mines, les bancs de ciel, fracturés longitudinalement et en profondeur, tiennent encore par habitude, tandis que les nez de pilier sont épaufrés en beaucoup plus grand nombre que dans les exploitations avoisinantes. Même les voûtes de meulière et les tunnels, généralement bien construits, laissent voir à présent un inquiétant appel au vide.

Plâtrière de Thun.

Le dernier champignonniste, M. Carrara, utilisait encore les meules longitudinales.

Meules à champignons.







Même si l'analogie du sujet est le fait du hasard, la proximité spatiale et picturale entre la croix terrestre, en contre-haut du village, et la représentation souterraine, malgré son dessin en croix pattée, ne peut qu'être remarquée.
Ce très beau graffiti est dessiné en ciel dans les premiers quartiers rencontrés par la longue voûte aujourd'hui bouchée
que Sebillotte père a fait percer vers 1850.

  

 



Sources : tout particulièrement les archives des Yvelines, M. & Mme Pécé, M. & Mme Bouland, MM. les ingénieurs de l'IGC, Georges Beaujard & Daniel Biget, auteurs de Triel-sur-Seine, son histoire, ses légendes, éd. du Valhermeil, divers articles de la Revue des mines.

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