Feste von der Goltz (groupe fortifié la Marne) (suite)

L'usine électrique est un lieu magique. Assombrie par la suie, seul un éclairage puissant est capable de révéler ses secrets.
C'est la plus grande de toutes les usines des Festen de la place de Metz. Dix moteurs Deutz monocylindres à quatre temps, à soupapes opposées, d'une quarantaine de litres de cylindrée, couplés chacun à une dynamo dorment à 10 mètres sous le sol de la forêt.
La catégorie exacte de ces moteurs est encore assez mystérieuse : qu'ils soient Diesel est contesté, quant à l'allumage les éléments encore visibles ne permettent pas d'en certifier le mode. Ce qui est certain, c'est que les réservoirs superposés aux cylindres sont des vases d'expansion pour l'eau de refroidissement, qui échangeait probablement ses calories dans des radiateurs de déshumidification des galeries.
Jadis ils fournissaient une puissance unitaire de 35 chevaux, soit quelque 26 kilowatts. Leur démarrage se fait par l'air comprimé contenu dans deux gros réservoirs. Le bâtiment, entièrement enterré, est nettement séparé des autres ouvrages puisqu'il n'est accessible que par la gaine reliant ceux de Mercy et d'Ars. Le large puits de manutention et la sortie de secours sont aujourd'hui comblés.
Un tableau électrique dont il ne subsiste que l'exuvie et un ensemble de commutatrices complètent les installations. Un raffinement notable est la symétrisation de la dynamo et des organes annexes (distributeur, régulateur) selon l'orientation du moteur.
Quatre moteurs monocylindres Deutz.
Culasse de trois quarts.
Vue de trois quarts d'une culasse. Le carter en bas au centre enferme le couple conique calé sur l'arbre et entraînant le régulateur, ici privé de son capot et conséquemment exhibant ses masselottes. L'arbre porte aussi de façon apparente les cames commandant les soupapes opposées, dont la plus visible est celle d'admission, reliée à la came par la longue tige de culbuteur oblique.
Vue de face d'une culasse. Le tuyau inférieur est l'échappement. A gauche, le régulateur à masselottes et sa fourchette reliée à la pompe d'injection. Par rapport à la vue de trois quarts prise sur un moteur situé dans une travée opposée, on voit bien la symétrisation des organes : distribution et régulation à gauche, entraînement de la dynamo à droite.


Ci-dessous, dans la travée nord, les deux réservoirs d'air comprimé nécessaire au démarrage des groupes.
Culasse vue de face.
Réservoirs d'air comprimé de démarrage.
Ci-après un groupe de commutatrices.
En bas, même si les travées sont séparées par de solides piédroits, nécessités de résistance obligent, des communications permettent néanmoins aux ouvriers et aux visiteurs de circuler plus facilement et aux photographes de saisir des échappées insolites sur des paysages mécaniques.
Le tableau électrique naturellement imposant a été mis en coupe réglée par les amateurs de cadrans (ce qui me gêne assez peu dans la mesure où ils sont chez des gens qui les apprécient) ou, pire, par des récupérateurs ignares et cupides.
Commutatrices.
Poulie de monte-charge.
Tableau électrique.
Sources & remerciements :
- Les Fortifications de Metz et de Thionville, Christian Dropsy, autoédition ;
- Le fort de Mutzig 1893-1945, Bernard Bour, Günther Fischer, éd. Mutzig ;
- Service historique de la défense, Vincennes ;
- La Mémoire des forts, Alain Hohnadel & Jean-Louis Goby, éd. Serpenoise ;
Association pour la découverte de la fortification messine et son président ;
- Francis Raout, qui m'a permis d'utiliser des photos de son beau-frère le colonel Albert Brockers relatives au mortier de 370 mm ;
- Pascal Legros, qui m'a mis sur la piste du mortier de 370 mm.

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