La "boule pulsante"

 

Au cours d’une visite, presque de routine, de ce petit musée francilien de la concrétion, un ami belge nous fit partager sa surprise de découvrir une fistuleuse étonnante : une fistuleuse pulsante.

Les photos vous en diront plus qu’un long discours, mais, en bref, l’eau coulant dans le tube remplit un réservoir quasi sphérique, le dilate, l’allonge, puis, quand sa masse excède les forces de tension superficielle, s’écoule en goutte, tandis qu’après que le réservoir, sous la pression de la colonne d’eau, a repris sa forme recommence le cycle.

Jacques Choppy, connu dans le milieu spéléo pour ses contributions en matière de concrétions, en confirma la rareté, d’autant que, si cette variété a déjà été observée, peu de photos en ont été prises.

Ultérieurement, des macrophotographies de ces concrétions après des périodes de ralentissement de croissance firent apparaître dans un premier temps un réservoir réticulé en phase de solidification puis dans un second temps, à l’intérieur de la goutte d’eau à l’écoulement désormais banal, un précédent ballon concrétionné et à structure réticulaire.

 

Le phénomène décomposé en trois séquences :

 

La déformation du réservoir.
 

 

L’accroissement de la goutte.
 

Sa chute et la cicatrisation du réservoir.

 

Puis le cycle recommence, avec une période de quelques secondes à quelques minutes selon l’hygrométrie.

 

Avec cet éclairage, on distingue sur la paroi du réservoir un réseau moiré, peut-être constitué d’un filet de cristaux de calcite liés élastiquement, ou encore de filaments organiques ?

 

Une macrophoto fait apparaître, sur un réservoir déjà en phase de concrétionnement, et dont la souplesse s’est considérablement amoindrie, un revêtement réticulé. La boule garde cependant sa respiration, sa pulsation si caractéristique, une concrétion mouvante !

Ce stade correspond probablement à la suite du phénomène déjà observé précédemment. Il s’agit probablement d’une évolution minéralisante de la structure souple du réservoir.

 

Après une période sèche où l’écoulement s’est suffisamment ralenti pour que le réservoir ait le temps de se concrétionner, la fistuleuse recommence à être active. Mais cette fois l’eau s’écoule comme dans une fistuleuse classique, en exsudant autour de l’ancien réservoir durci.

 

La promotion immobilière ayant des droits imprescriptibles et supérieurs, tout cela n’existe plus et ce qui le remplace n'a aucun intérêt. Ce chapitre se finit donc sur un appel aux "chasseurs de concrétions", afin de découvrir d’autres fistuleuses de ce type dans notre région.

Profonde reconnaissance à Bernard pour sa remarquable découverte, merci à Tim pour nous avoir indiqué ce sous-sol vraiment pas banal, et que cette page soit dédiée spécialement à Jacques Choppy, qui nous a quittés en juillet 2004.

Eléments historiques repris dans une étude du SI de Vauhallan

 

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