A partir de l’ammoniaque produit, des sous-ensembles, véritables petites usines satellisées autour des bâtiments centraux, fournissent, au fil de l’histoire de la SAFEA, du sulfate d’ammonium puis, au moyen de l’acide nitrique également synthétisé, du nitrate d’ammonium sous la désignation Nitrochaux.

L'impression de ce sac, comme celle des autres ensachages, était assurée dans une petite imprimerie intégrée par une presse D.J. MacDonald Ltd., constructeurs à Dundee de machines principalement textiles ainsi que de machines destinées à coudre les sacs et, pour finir, à les imprimer.



Ce très joli petit modèle à retiration, donc imprimant recto-verso en une seule passe, offre malgré son fonctionnalisme des formes délicieusement esthétiques, comme ce un volant aux rayons savamment incurvés. Le sac passe sur un tapis roulant de la marge à la recette et, sur son trajet, reçoit d'abord l'impression du côté de seconde au moyen d'un cliché souple en caoutchouc monté sur un cylindre garni de bois, puis, amené jusqu'à l'avant par le tapis roulant, y reçoit avant l'éjection à la recette l'impression du côté de première par un second cylindre. Sans être donc une rotative typographique stricto sensu, qui nécessiterait une marge à bobines pour accroître la vitesse, le principe est sensiblement le même, d'autant que la pression est assurée à chaque passage par un contre-cylindre, soit sous le tapis roulant pour celui de seconde, soit appliqué directement sur celui de première.

     

Les expéditions, comme le prouvent les clichés, rayonnaient loin de la Belgique...



Il faut bien se rendre compte qu'un engin de ce type est aujourd'hui très peu courant, sauf sans doute en Grande-Bretagne où l'on est suffisamment bien élevé pour ne pas traiter à l'oxycoupeur les beaux vestiges industriels, et que sa rareté en Belgique est une bonne raison de le conserver.

Dernière heure : après avoir, grâce à l'intermédiaire de Bernard Sebille, alerté deux musées, l'auteur de ces pages a le plaisir d'annoncer que cette machine ainsi que plusieurs clichés ont été récupérés mi-janvier par le Bois du Cazier.


En règle générale, aujourd'hui la quasi-totalité des machines ont été démantelées. Subsistent cependant leurs supports de béton armé bruts et dévastés, à travers lesquels quelques frêles rayons de soleil viennent mourir...

 

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Le long hangar de section hémicirculaire, identique en forme et en fonction aux hangars des mines de potasse d’Alsace, recevait les stocks d’engrais avant ensachage.

 



 

Encore en très bel état, ce compresseur bicylindre Brown Boveri mû par un increvable moteur des Ateliers de construction électrique de Charleroi.

 

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Suite.