L'ouvrage de Soetrich



L'usine électrique et le casernement

Elle prenait le relais en cas de défaillance de l’alimentation extérieure utilisée en temps de paix qui fournissait le courant pour l’éclairage (110 volts), le chauffage, la cuisine, la manœuvre des tourelles (440 volts) et le trolley du train (600 volts). Il y avait pour cela quatre moteurs Diesel Als-Thom tricylindres de 100 chevaux chacun couplés à des alternateurs. D'énormes cuves de gas-oil, d'huile et d'eau assuraient, théoriquement pour trois mois, l'approvisionnement, la lubrification et le refroidissement des moteurs. Le train étant alimenté en 600 volts continus et les groupes (ainsi que le réseau extérieur) produisant de l'alternatif, des sous-stations de conversion effectuaient le passage de ce courant-ci à celui-là.


Réutilisé peu de temps après la guerre après remise à niveau des équipements, l’ouvrage comporte encore quelques traces des années 50, comme cette craquante affiche de prévention vantant la trilogie ordre, lumière, propreté, mais représentant un atelier qui n'a qu'un lointain rapport avec les galeries des fortifications...




Tout à côté de l'usine et à proximité des entrées, le casernement, quadrillage de galeries bétonnées orthonormées, recevait les chambrées, le bloc médical, les sanitaires principaux, la cuisine... Pas de réfectoire : l'équipage mangeait dans les couloirs, sur des tables abattantes. On dit que la nourriture, vecteur du seul vrai moment de détente et de discussion entre potes, était très bonne dans l'intention de soutenir le moral des troupes, quelque peu déprimé à la longue par la claustration.




Ci-dessus et ci-dessous : une galerie du magasin M1, le magasin principal à munitions, servait de chapelle. A cette fin un artiste de l'équipage en décora le fond d'une petite fresque à motif religieux. Ce n'est d'ailleurs pas la seule représentation artistique de ce fort. Il est intéressant de montrer ce qu'un connard en a fait un soir de beuverie. A côté de la fresque "nettoyée" électroniquement tant bien que mal, il faut montrer ce qu'elle est réellement à présent, ne serait-ce que pour insulter à la mémoire de l'abruti, qui était probablement multiple.



Suite.